Il est temps de mettre en œuvre les droits des enfants – Adrijana Višnjić-Jevtić, Alicja R. Sadownik, Ingrid Engdahl.

En bild som visar text

Automatiskt genererad beskrivning

La Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE) a 32 ans, alors pourquoi faut-il encore discuter des droits de l’enfant ? Cette question est abordée de plusieurs axes dans le monde entier. Une réponse fréquente est celle de CIDE (NU, 1949), et bien qu’elle ait été ratifiée par 196 pays, elle n’est pas très connue par tous les enfants, par les professionnels travaillant avec les enfants, par la société en général, et certainement pas en détail. D’autre part, les pays qui ont accepté la CIDE ne l’intègrent pas nécessairement dans leur législation, et même ceux qui reconnaissent son importance ont du mal à citer au moins un droit ou article.

Il est fondamental de comprendre que la CIDE est un document holistique comportant quatre principes :

  • la non-discrimination (Article 2)
  • l’intérêt supérieur de l’enfant (Article 3)
  • le droit à la vie, à la survie et au développement (Article 6)
  • le droit d’exprimer son opinion sur toute question l’intéressant (Article 12)

En outre, l’article 42 réglemente le droit de connaître ses droits, qui précède la mise en œuvre et l’utilisation des autres droits.

La CIDE a changé l’image même de l’enfance et des jeunes enfants. L’enfance n’est pas seulement une période de transition des enfants vers l’âge adulte, être un enfant a sa propre valeur intrinsèque. Les enfants ne sont pas de petits êtres humains  avec de petits droits humains.  Les enfants sont des citoyens et ils sont à la fois détenteurs de droits et ont besoin de protection.

Cependant, les conditions de vie des enfants dans le monde remettent en cause leurs droits humains. Dans de nombreux pays, les enfants migrants, les enfants indigènes et les enfants ayant des besoins spéciaux sont victimes de discrimmination et/ou n’ont pas accès à leurs droits fondamentaux. Les conditions de vie, telles que la pauvreté, la violence familiale et la maltraitance des enfants, constituent d’autres obstacles pas encore surmontés. Pour garantir, protéger et promouvoir les droits de l’enfant et les rendre accessibles à tous les enfants, il faut une réflexion holistique sur le contexte social, économique et culturel dans lequel ils se trouvent, y compris le logement et l’éducation, la situation professionnelle et la santé des personnes qui s’occupent d’eux.

Ainsi, lorsque nous nous efforçons de défendre l’intérêt supérieur de l’enfant, de quelle perspective parlons-nous ? La recherche montre que le point de vue de l’adulte et la responsabilité de fournir, protéger et promouvoir l’emportent sur le point de vue des enfants.  Pour trouver un équilibre, nous devons donner la priorité à la mise en œuvre de l’article 12 sur les droits de l’enfants, en tant que citoyen  d’exprimer librement leurs propres opinions sur toutes les questions qui le concernent directement. Cela signifie qu’il faut écouter les enfants, individuellement, par deux ou en groupe, et de mettre en œuvre leurs idées dans la famille, dans l’éducation et dans la recherche. Ainsi, la participation des enfants à la société sera renforcée.

Ces notions sont décrites dans le livre Young Children and Their Rights – Thirty Years with the United Nations Convention on the Rights of the Child(Les petits enfants et ses droits. Trente ans avec la Convention internationale relative aux droits de l’enfant). Plus de 20 auteurs de 14 pays du monde entier montrent la situation des droits de l’enfant, en soulignant ce qui revêt une importance particulière dans leurs pays, nous donnant des informations détaillées sur l’Argentine, l’Australie, la Chine, la Corée, la Croatie, l’Espagne, les États-Unis, la Macédoine du Nord, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, la Pologne, le Royaume-Uni, la Suède, l’Uruguay.

Dans le dernier chapitre, nous, les éditrices, utilisons le modèle des cinq dimensions des droits aux soins dans la petite enfance, développé par la professeure Julie Davis, de l’Australie. Ce modèle distingue:  les droits fondamentaux, les droits d’action participative, les droits collectifs, les droits intergénérationnels et les droits biocentriques et écocentriques. Bien qu’il y ait un lien étroit entre la CIDE et les Objectifs de Développement durable des Nations Unies, on peut observer dans notre analyse qu’il y a peu de chapitres abordant l’aspect bio et écocentrique des droits. Les scientifiques concluent, selon les derniers rapports concernant l’état du monde, que la planète Terre est dans l’ère Anthropocène, c’est-à-dire, une époque où la planète est déterminée par les modes de vie humaines.

Nous devons adopter une position éthique selon laquelle les droits de l’environnement et de toutes les espèces soient incluses et considérés comme une partie essentielle pour la réalisation des droits fondamentaux des personnes.  En tant qu’êtres humains, nous ne pouvons pas nous placer au centre, puisque notre survie et bien être dépendent en grande partie de l’aire propre, de l’eau et de la diversité biologique.  Nous ne sommes que des particules au milieu du canevas de l’écosystème planétaire.  En ce sens, la mise en œuvre des droits de l’enfant représente la façon d’aborder la durabilité dans l’Anthropocène.  La durabilité comprise d’une vision holistique comporte la durabilité économique et sociale, garantie l’accès à des conditions de vie dignes, le soutien et l’éducation de la communauté.  D’une vision écologique, elle protège les ressources limitées de notre planète.

De nos jours,  toutes les dimensions de durabilité sont nécessaires pour mettre en œuvre la CIDE, et ainsi autonomiser les enfants. Un enfant autonomisé peut réaliser des changements locaux et globaux. 

Pour conclure, nous tenons à exprimer notre reconnaissance et nos remerciements à nos co-auteures, qui sont des universitaires de 14 pays et dont beaucoup sont des membres actifs de l’OMEP. 

  • Berit Bae, professeure émérite de l’Université Métropolitaine d’Oslo. 
  • Katarina Bogatić, professeure adjointe de la Faculté de Sciences Sociales et Humaines, Université Osijek, Croacia. 
  • Verity Campbell-Barr, professeure associée des Études de la Petite Enfance et directrice associée à la recherche dans l’Institut d’Éducation de Plymouth de l’Université de Plymouth, Royaume Uni.
  • Gabriela Etchebehere Arenas, psychologue et titulaire d’un master en Droits de l’Enfant et des Politique Publiques, son domaine de spécialisation. Elle enseigne la psychologie à l’Institut de Psychologie, d’Éducation et de Développement humain de l’Université de la République à Montevideo, en Uruguay
  • Ann Farrell, professeure et directrice de l’École de la Petite Enfance et de l’Éducation Inclusive de la Faculté d’Éducation de l’Université de Technologie du Queensland, en Australie. 
  • Diti Hill-Denee, Boursière Honoraire à l’Université d’Auckland, en Nouvelle-Zélande.
  • Ewa Lewandowska, Docteur en Sciences Humaines au Département d’Éducation de la Petite Enfance de la Faculté d’Éducation de l’Université Maria Grzegorzewska à Varsovie, en Pologne. 
  • Glynne Mackay,  professeure principale de Formation Docente en la Universidad de Canterbury, Christchurch, Nueva Zelanda. 
  • Mercedes Mayol Lassalle, titulaire d’un diplôme en Sciences de l’Éducation de l’Université de Buenos Aires. Elle est l’ancienne directrice du Département de l’Éducation de la Petite Enfance de la ville de Buenos Aires. Elle enseigne dans le cadre de la maîtrise en Éducation de la Petite Enfance de l’Université de Buenos Aires, en Argentine.
  • Analía Mignaton, diplômée en Psychomotricité et Spécialiste du Développement de la Petite Enfance, de la Psychanalyse, des Pratiques Socio-éducatives et de l’Éducation Maternelle. Elle enseigne l’éducation spécialisée à l’Institut Supérieur de Formation de l’Enseignant n.º 1 de Cutral Có, Neuquén, Argentine. 
  • Eunhye Park, professeur du Département de l’Éducation de la Petite Enfance, Ewha Women’s University, Séoul, Corée. Le Dr Park a décidé d’écrire conjointement avec son équipe de recherche  Inyoung Kim, Jieun Kim, Kyoryoung Kim, Nayuong Kim, HeeKyoung Nam y Sunhwa Park.
  • Concepción Sánchez-Blanco, professeure au Département de Pédagogie et d’Études des Programmes, Faculté d’éducation, Université de La Coruña, Galice, Espagne.. 
  • Alma Tasevska, professeure associée à la plus ancienne Faculté de la République de Macédoine du Nord, la Faculté de Philosophie de l’Université des Saints Cyrille et Méthode à Skopje.
  • Ivana Visković, professeure adjointe à l’ Université de Split, Croacia. 
  • Judith T. Wagner, elle a un doctorat et elle est professeure émérite en Éducation et Développement de l’Enfant et directrice de l’École Primaire Broadoaks, Whittier College, USA. 
  • Peng Xu, candidate au doctorat à la Faculté d’Éducation de l’Université Victoria de Wellington, en Nouvelle-Zélande. 

Nous souhaitons des débats profitables sur la base de cet ouvrage. 

Vidéos:

Présentation du livre par toutes les auteures (25 minutes)

https://kaltura.hvl.no/media/Book+launchA+%22Young+children+in+the+world+and+their+rights.+Thirty+years+with+the+United+Nations+Convention+on+the+Rights+of+the+Child%22/0_cs8nq94f

Présentation du livre par ses trois éditrices (40 minutes)

Ingrid Engdahl

Professeur agrégé, est un enseignant préscolaire et psychologue, titulaire d’un doctorat en sciences de l’enfance et de la jeunesse de l’Université de Stockholm, en Suède.

Ses principaux intérêts de recherche sont le développement holistique de l’éducation de la petite enfance, en se concentrant sur les tout-petits, le jeu, la perspective de l’enfant, l’éducation pour la durabilité et les droits de l’enfant. Depuis 2019, elle est la présidente européenne de l’OMEP, l’Organisation mondiale pour l’éducation de la petite enfance.

Alicja R. Sadownik

Professeur agrégé à la Western Norway University of Applied Sciences et au Kindergarten Knowledge Center for Systemic Research on Diversity and Sustainable Futures. Elle mène des recherches sur l’enfance(s), les milieux d’EPE et la coopération parentale dans le contexte de la migration et de la diversité socioculturelle.

Adriana Višnjić-Jevtić

Elle est professeur à la Faculté de formation des enseignants de Zagreb et Čakovec, auteur de plusieurs articles scientifiques et professionnels, fondatrice de l’Association des éducateurs de Krijesnica, membre des comités d’organisation et de programme de diverses conférences scientifiques et professionnelles nationales et internationales. et se considère comme une éducatrice. Pendant la pause, nous lui avons posé quelques questions sur l’organisation et le programme de la conférence, ainsi que sur les activités de l’OMEP Croatie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Abonnez-vous à notre Lettre
Page Facebook
Facebook Pagelike Widget
Aller au contenu principal